GP d’Australie. Les deux Mc Laren complètent le podium
Le classement final
MELBOURNE Kimi Räikkönen, parti de la pole position pour sa première course au volant d’une Ferrari, a tranquillement remporté le Grand Prix d’Australie dimanche à Melbourne, sans jamais être inquiété par les McLaren-Mercedes de Fernando Alonso et Lewis Hamilton. Une promenade de santé dans l’Albert Park ? “Non pas vraiment… ma radio s’est cassée juste avant le départ mais je connaissais notre stratégie et je me suis basé sur les panneaux que me passaient l’écurie”, répond le Finlandais. Il n’avait plus goûté à la victoire depuis le GP du Japon en 2005.Toutefois, la marge des Ferrari sur la concurrence était telle que le Finlandais n’est pas surpris d’avoir remporté aussi facilement son 10e succès en 106 Grands Prix. “Nous nous y attendions un peu depuis hier (samedi)”, reconnaît-il, ravi de ce “début de saison idéal”.
“Rien entendu”
Contrairement à son prédécesseur Michael Schumacher, Räikkönen ne s’est pas jeté dans les bras de son patron Jean Todt. Tout juste a-t-il attrapé le téléphone que celui-ci lui tendait et l’a-t-il machinalement collé à son oreille. “Je crois que c’était Michael (Schumacher), mais la ligne n’était pas bonne et je n’ai rien entendu”, lâche-t-il en conférence de presse, laissant un sourire éclairer son visage glabre en voyant l’hilarité qu’il a provoquée par cette déclaration qu’il estimait bénigne.
Malgré la supériorité de ses machines, Ferrari n’a pas réussi un week-end parfait, Felipe Massa terminant le GP cinquième, grâce à une stratégie décalée à un seul arrêt, après s’être élancé depuis la dernière position après avoir changé son moteur.
Aussi, McLaren-Mercedes a pu limiter les dégâts en plaçant ses deux pilotes sur le podium et en prenant la tête du Championnat des constructeurs. “En qualifications, deux ou trois équipes peuvent rivaliser avec Ferrari, mais en course aucune ne le peut”, regrette Alonso.
Alors au bout du compte, “avoir les deux voitures sur le podium à la première course après un hiver difficile est très bien”, commente l’Espagnol.
Pour son coéquipier débutant, le week-end fut plus que bon. “Je suis aux anges !”, reconnaît le jeune Britannique de 22 ans qui est l’un des quatorze pilotes à avoir terminé son tout premier GP sur le podium, le dernier étant le Canadien Jacques Villeneuve, 2e sur ce même tracé australien en 1996.
Livide
“Avoir été en tête dès mon premier Grand Prix, avec en plus la pression du Champion du monde derrière moi, c’est vraiment fantastique !”, s’enthousiasme Hamilton.
Non seulement il a mené la course durant quatre tours à la faveur d’un ravitaillement de Räikkönen, mais il s’est payé le luxe à l’extinction des feux de passer le double champion du monde.
“Les BMW ont pris un bon départ, Robert Kubica m’a doublé et il fallait que je le repasse. Alors je suis revenu à l’extérieur (dans le premier virage) et je l’ai doublé… et puis j’ai aussi passé Fernando qui était bloqué à l’intérieur par Heidfeld”, raconte le prodige du même calme olympien qu’il affiche depuis vendredi.
Pourtant, quelques minutes avant le départ, sur la grille, il était devenu livide au moment d’enfiler son casque, comme frappé soudain par la solennité du moment.
Au rayon des déceptions, Renault dont les pilotes Giancarlo Fisichella et Heikki Kovalainen n’ont su défendre le statut de Champion du monde des constructeurs.
Lewis Hamilton déjà parmi les grands
“Je suis aux anges !” lance Lewis Hamilton après être monté sur la 3e marche du podium de son tout premier Grand Prix de Formule 1, dimanche en Australie, aux côtés de son coéquipier double champion du monde Fernando Alonso et du vainqueur Kimi Räikkönen.“Ce résultat aujourd’hui est plus que je rêvais de faire à mon premier Grand Prix”, reconnaît le Britannique.
Première course et déjà le jeune prodige de 22 ans s’est frotté aux tout meilleurs, supportant largement la comparaison. Tassé contre le muret et doublé par la BMW Sauber de Robert Kubica au départ, Hamilton a su changer de trajectoire pour revenir à l’extérieur du premier virage, récupérer sa place face au Polonais et dans la foulée doubler son propre coéquipier chez McLaren-Mercedes, Alonso.
Quelques tours, plus tard, profitant du ravitaillement de la Ferrari de Räikkönen, Hamilton a même pu goûter à l’euphorie de quatre tours en tête d’un GP de F1.
“Etre en tête de mon premier Grand Prix, c’est incroyable… en plus, avoir la pression d’un double champion du monde derrière ce n’est pas facile”, raconte le jeune homme.
“Prendre au freinage”
“La course fut très longue bien sûr, mais je m’y étais préparé et je me suis senti parfaitement prêt en arrivant pour ce Grand Prix. Nous avons roulé autant que possible lors des essais de pré-saison et j’ai couvert plein de distances de courses donc j’étais prêt physiquement. Piloter une F1 en course ou en essais est très différent, mais je suis très heureux du travail accompli”, poursuit-il.
“Lors de ma préparation, nous n’avons rien laissé au hasard, y compris les départs, ajoute Hamilton. Quand vous quittez le garage en essais, vous vous entraînez toujours à faire des départs donc ce ne fut pas un problème dimanche. J’ai même été surpris au premier virage de parvenir à prendre au freinage Robert (Kubica) puis Fernando (Alonso)”.
“Dans les cinq derniers tours, j’ai compris que je n’avais pas la vitesse pour rester au contact de Fernando et je savais que j’avais suffisamment d’avance sur mes poursuivants. La clé était donc de terminer la course. Au bout du compte, je savais que j’en avais assez fait pour ma première course”, se réjouit-il.
“Bien sûr, vous gagnez en confiance à chaque fois que vous terminez une course: vous savez que vous pouvez finir et vous savez de quoi vous êtes capables avec votre voiture. Réussir ce type de course est une bonne chose. Maintenant, je peux me détendre et attendre le prochain Grand Prix”, conclut-il.
(18/03/2007) copyright La dernière heure Les sports.